A l’occasion de la commémoration de la Pâque, l’un des passages les plus commentés concerne les évènements qui se sont passés à dans le jardin de Gethsémané. Le drame qui s’y est déroulé ne laisse indifférent aucun commentateur de la Bible. Il apparaît clairement que dans ce jardin se jouait le sort de l’humanité. Le Fils de Dieu, pleinement homme[i], faisait face à une lutte intense pour accepter cette coupe de la croix grâce à laquelle la voie vers le Père serait désormais ouverte, apportant la rédemption.

Je voudrais proposer une autre facette par laquelle on peut lire le drame qui s’est déroulé dans ce jardin public devenu hautement célèbre, car ayant servi de décor à cet évènement pour le peu très insolite par rapport à ce que l’on connaissait de Jésus avant cet évènement. Dans son parcours à travers la Judée et la Galilée, Jésus n’a jamais montré un signe de tristesse ou de détresse, mais au contraire, il prêchait la joie du Royaume de Dieu qui s’est approché, et il chassait toute sorte de démons et guérissaient toute maladie. Même devant la mort de son ami Lazare, son émotion était probablement due à l’incrédulité des sœurs de Lazare, parce qu’il maitrisait la situation. Dans le jardin de Gethsémané, on ne reconnait plus ce même Jésus, qui semblait même chercher du soutien  et de la consolation auprès de ses disciples.

L’on peut savoir que Jésus faisait face à une des tentations les plus terribles que l’ennemi le faisait subir. Après l’échec de la tentation dans le désert, il est dit « Après l’avoir tenté de toutes ces manières, le diable s’éloigna de lui jusqu’à un moment favorable. »  On s’autoriser à penser que Gethsémané fut l’un de ces moments les plus favorables que le diable a utilisé.

On le sait, Jésus devait rester pleinement homme pour pouvoir accomplir sa mission salvatrice de l’humanité. Le simple fait d’utiliser tout ou partie de sa nature divine allait faire échouer la mission. Il faut dire que tous les miracles que Jésus faisait, il les faisait en tant qu’homme. Il n’a pas utilisé sa nature divine dont il s’était auparavant dépouillé. C’est pourquoi il a dit que ceux qui croiront en lui (Hommes), feraient de plus grands miracles. La première tentative du diable dans le désert consistait à faire sortir Jésus de sa nature humaine. « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de se transformer en pain [ii]».

Il est probable que le diable a continué avec cette tactique pour déjouer le plan de Dieu. Tout l’arsenal qui sera utilisé contre Jésus consistait à le pousser à utiliser un peu sa nature divine pour le sortir de la situation.

Aujourd’hui si quelqu’un dit « Mon âme est triste jusqu’à la mort » (Mat.26 :38), ou bien qu’il « commence à éprouver de la frayeur et des angoisses » (Marc 14:33), on va dire qu’il a des troubles psychologiques, ou bien qu’il est possédé par des démons. Même déjà en lisant le titre de cet article, certains ont dû dire que ce n’est pas un bon titre.  Pourtant c’est ce qui est arrivé à Jésus. En tant qu’homme, il subissait toute l’oppression de l’ennemi. Les forces des ténèbres avaient déployé leurs hordes de sorts occultes contre cette nature humaine que Jésus revêtait. Il se déroulait dans ce jardin un combat spirituel des plus féroces.

Cependant Jésus résistait, et il n’a pas fait recours à une légion d’anges, qui pourtant, j’en suis persuadé, étaient à l’affut, prêts à intervenir à son moindre geste. La position très élevée de Jésus d’avant l’incarnation ne faisait pas d’équivoque. Même les démons inférieurs qui possédaient les hommes ont tout de suite reconnu son identité céleste, lorsqu’il a commencé son ministère[iii] dans le pays des Gadaréniens. Il était impensable pour les anges déchus que Jésus ne fasse pas un geste pour se sortir d’affaire, tellement ce serait facile pour lui.

Un autre aspect, c’est que Jésus ne devait pas mourir dans le jardin, sinon le plan aurait échoué. L’intensité de la lutte était tel que Jésus était  prêt de mourir (Mon âme est triste jusqu’à la mort !). « Etant en agonie, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des grumeaux de sang, qui tombaient à terre. », nous dit Luc[iv]. Dieu a écouté la prière de Jésus si la coupe en question c’était sa mort prématurée dans le jardin. Dans l’intensité du combat, un ange[v] a dû venir le soutenir. Mais en tout cela il est resté dans sa nature humaine. Je crois qu’aujourd’hui encore, les anges interviennent pour les hommes dans le combat spirituel.

En méditant sur ces faits, cela nous encourage face à la réalité de la guerre spirituelle dans laquelle nous sommes tous nés. Que nous le voulions ou non, nous sommes en guerre. Et nous avons au moins trois champs de bataille :

  1. Notre nature charnelle, portée au péché ;
  2. Le monde et son système ;
  3. Le royaume des ténèbres.

Dans cette bataille, nous sommes rassurés de gagner la guerre. Mais nous pouvons imiter Jésus qui a tracé le chemin de notre victoire en triomphant des principautés dans le royaume des ténèbres.

Mon souhait pour nous tous en cette fête de Pâque, c’est que nous combattions le bon combat, en gardant la foi et une bonne conscience.

 

Bonne célébration de Pâque!

Abdias COULIBALY

 

[i] Philip. 2 :4-8

[ii] Luc 4:3

[iii]  «Ayant vu Jésus de loin, il accourut, se prosterna devant lui, et s’écria d’une voix forte : Qu’y a-t-il entre moi et toi, Jésus, Fils du Dieu Très-Haut ? Je t’en conjure au nom de Dieu, ne me tourmente pas. » Marc 5 :-6-7

[iv] Luc 22:44

[v] Luc 22:43

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